Le mot de la présidence : un nouveau chapitre

Certaines coïncidences ont des allures de clins d’œil du destin. Alors que je rédige mon premier message de président de la FIT, nous sommes le 30 septembre, Journée mondiale de la traduction. Officiellement consacrée par les Nations Unies en 2017, cette journée résonne comme une invitation à saluer, chaque année, celles et ceux qui exercent nos métiers, donnent une voix aux peuples du monde et favorisent la compréhension mutuelle. Avec un peu de retard donc, je tiens à vous souhaiter une excellente « JMT », ce jour unique où notre profession reçoit la lumière qu’elle mérite.

Cette édition de Translatio revêt un caractère singulier : elle fait écho à un Congrès qui, je crois pouvoir le dire, fut une éclatante réussite. Réussite par la richesse des interventions et des débats, qui ont nourri et inspiré l’assistance. Réussite humaine aussi, grâce à la qualité des échanges, qui nous a rappelé à quel point notre communauté est vivante, engagée et solidaire. Je tiens à exprimer toute ma gratitude à l’équipe du Conseil sortant pour le travail remarquable accompli ces trois dernières années, et plus particulièrement au comité organisateur du Congrès, qui a su orchestrer avec talent et un dévouement sans faille un événement d’une telle ampleur.

Ce Congrès ne fut pas seulement un rendez-vous d’idées, il a aussi marqué une étape statutaire majeure avec l’élection d’un nouveau Conseil. Il me revient désormais d’en assurer la conduite et d’animer une équipe renouvelée. Ce Conseil, un des plus variés de l’histoire de la FIT, représente véritablement le monde entier, des îles néo-zélandaises à l’Argentine en passant par l’Afrique du Sud et la Finlande. Cette diversité n’est pas qu’un symbole : elle est l’essence même de notre vocation internationale et donnera un sens profond à notre action commune.

Nous savons toutes et tous que nous travaillons aujourd’hui dans un contexte particulièrement difficile. Nos métiers traversent une zone de fortes turbulences. Ici, des facultés ferment ou peinent à susciter de nouvelles vocations ; là, le manque de reconnaissance ou de perspectives décourage des collègues, qui quittent la profession. Dans le même temps, la société accorde une confiance parfois aveugle à des outils perçus comme révolutionnaires, sans mesurer les effets qui peuvent s’avérer dévastateurs. Et, plus largement encore, le multilatéralisme lui-même — et, avec lui, l’idée que les nations tirent plus de bénéfices à coopérer qu’à s’isoler — est remis en question.

C’est justement dans ces moments-là que notre rôle prend toute sa force. Depuis toujours, nous jetons des ponts là où s’élèvent des murs. Dans la confusion de notre époque, notre voix est importante : une voix qui rassemble, une voix qui éclaire, une voix véritablement ancrée dans l’humanité. Le Congrès est désormais derrière nous et l’heure est venue de nous mettre au travail. Avec mes consœurs et confrères du nouveau Conseil, nous mesurons l’ampleur des défis, mais nous avons la conviction que notre Fédération possède les ressources, l’énergie et l’intelligence collective nécessaires pour les relever. Ensemble, nous empruntons ce chemin avec confiance et fierté.

 

Guillaume Deneufbourg, président de la FIT

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