FIT Asie accueille la troisième Conférence mondiale en ligne sur la traduction littéraire

Defeng LI (FIT Asie, Université de Macao)
Junhuan LIU (Association des traducteurs de Chine)
Tianqi MA (Université de Macao)

 

Le centre régional asiatique de la Fédération internationale des traducteurs a accueilli la troisième séance de ses Conférences mondiales en ligne le 29 juin avec Sugeng Hariyanto, qui a abordé la traduction littéraire à l’heure de l’essor de l’IA. L’évènement était présidé par Defeng Li, professeur distingué de traductologie, doyen associé de la Faculté des sciences humaines de l’Université de Macao et membre du Comité directeur de FIT Asie.

Sugeng Hariyanto, traducteur indonésien, est un enseignant-chercheur chevronné de l’Institut polytechnique de Malang, fondateur de Transkomunika Kencana et président du Comité pour les compétences et la certification de l’Association de traducteurs d’Indonésie (HPI).

Dans sa conférence intitulée « Traduire la littérature : équilibrer le style, transmettre le sens – une approche éclectique de la traduction littéraire », il a évoqué le paradoxe esthétique de la traduction par IA. Bien que les outils d’IA soient capables d’atteindre une fluidité linguistique, ils échouent généralement à saisir et à reproduire les variations linguistiques volontaires, les idiolectes et les nuances culturelles qui définissent la littérature. Il a présenté « l’approche éclectique littéraire », un cadre multidimensionnel ancré dans des considérations linguistiques, littéraires, fonctionnelles et éthico-culturelles.

En illustrant ses propos par des traductions indonésiennes du poème concret Swan and Shadow de John Hollander (1969), Sugeng Hariyanto a expliqué comment cette approche conjugue l’herméneutique, le structuralisme, la stylistique et la sémiotique comme autant de prismes d’analyse. Il a démontré que les traductions générées par l’IA perdent la typographie emblématique évoquant un cygne, le paysage sonore sibilant ou la richesse de son symbolisme, comme la métaphore du « bassin de l’œil ouvert ». La traduction humaine, au contraire, réussit à reproduire tant la forme visuelle que la résonance émotionnelle de l’œuvre par la réécriture de macrosegments, la recréation phonologique et la modulation symbolique.

Sugeng Hariyanto a conclu en déclarant que l’IA ne doit pas être considérée comme un substitut aux traducteurs et traductrices, mais qu’elle peut leur permettre de se consacrer à des activités faisant davantage appel à la créativité : coécriture, supervision stylistique, préservation de la résonance émotionnelle interculturelle.

La séance était diffusée en direct sur YouTube, Bilibili et WeChat. Ne manquez pas les prochaines conférences !

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