Linguistes et fournisseurs de services linguistiques se retrouvent aux conférences internationales de l’EAITA

Plus de dix-sept pays étaient représentés à l’AITCO 2026 à Nairobi, rassemblement international devenu rituel


Nebought Kalwila
EAITA, président du comité des technologies

 

Pour l’East Africa Interpreters and Translators Association (EAITA), chaque Conférence internationale de la traduction en Afrique (AITCO) est bien plus qu’une réunion annuelle : elle prouve que traductrices, traducteurs et interprètes de tous les continents peuvent se rassembler, échanger leurs connaissances et construire une communauté sans frontières.

Poursuivant cette tradition, l’AITCO 2026, sixième édition de l’événement, a investi la Villa Rosa Kempinski de Nairobi (Kenya) les 6 et 7 février. Le thème « Réaffirmer la centralité de l’humain : localisation, traduction et interprétation dans un monde mu par l’IA » a suscité des conversations riches et approfondies sur l’avenir de la profession et a clamé la valeur irremplaçable des relations humaines. Venue des quatre coins du monde, l’assistance a échangé des idées et perspectives, noué des partenariats durables et répété que, dans nos métiers, la résilience ne se limite pas aux compétences, mais touche aussi au bien-être, à la dignité, à l’expression collective et à l’agentivité professionnelle.

L’AITCO est une plateforme internationale solidement établie pour qui exerce dans le champ de la traduction, de l’interprétation ou de l’éducation et pour les grandes voix de nos professions. D’initiative régionale, elle s’est mondialisée et attire maintenant un public de toute l’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique. Depuis trois ans, chaque AITCO accueille des membres venant de plus de dix-sept pays, preuve que l’Afrique de l’Est devient un pôle de professionnalisme et d’innovation en langues.

Table ronde animée par Clara Lagat, secrétaire de l’EAITA, à AITCO 2026 (Nairobi)

Outre son programme officiel, l’AITCO se définit par les liens qu’elle permet de tisser. On y vient pour retrouver une communauté chaleureuse, discuter jusqu’au milieu de la nuit, nouer des collaborations autour d’un café et des amitiés qui traversent les océans. Pour beaucoup, l’expérience dépasse la simple conférence : c’est un accueil dans une famille professionnelle engagée et solidaire.

 

Une impulsion pour toute l’année

Les actions de l’EAITA dépassent largement le cadre de la conférence. L’association a célébré la Journée mondiale de la traduction 2025, dont le thème était « Traduction, paix et confiance », avec l’université Riara, à Nairobi. Son président, Jonah Ondieki, a alerté sur l’urgence de préserver les langues autochtones africaines : « Toute langue protégée est un atout qu’on gagne, toute langue abandonnée est une perte irremplaçable. »

L’EAITA, c’est aussi une communauté en ligne bien vivante. La page LinkedIn et le groupe Facebook sont des lieux bouillonnants pour dialoguer, rencontrer des collègues et se former. Membres et mandataires restent ainsi en lien.

 

Un mouvement en progression dans toute l’Afrique

Alors que l’EAITA prépare la 7e AITCO, tout le chemin parcouru de Kigali à Zanzibar et Nairobi témoigne de ce qu’une communauté impliquée peut construire. Chaque conférence a renforcé nos relations, affûté nos compétences et élargi le réseau de personnes qui travaillent à promouvoir notre profession, en Afrique et au-delà.


Crédits photos : EAITA

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