La JIAMCATT 2025, sur le thème De l’esprit et des machines : démêler le puzzle de la qualité, a souligné la nécessité de systèmes permettant à l’expertise humaine et aux capacités des machines de collaborer pour améliorer la qualité tout en répondant à certaines contraintes. Elle a encouragé la profession à « créer des cadres qui stimuleront l’innovation, l’anticipation et la résilience et favoriseront le développement des compétences et le travail d’équipe ».
La JIAMCATT (réunion annuelle internationale sur la traduction et la terminologie assistées par ordinateur) est un forum de débats, d’échange d’expertise et de collaboration. La conférence 2025 s’est tenue à l’Organisation mondiale du travail (OMT), à Genève, du 7 au 9 avril. Aux 184 personnes présentes se sont ajoutées 170 participations en ligne.
Présidée par Hannah Riley et présentée par Blanca Pinero (OMT), la conférence a été inaugurée par Michelle Keating, responsable du département des langues à l’Office des Nations Unies à Genève. Elle a passionné l’assistance avec la création d’un cadre spécial pour les services linguistiques : FIRST, acronyme anglais d’anticipation, innovation, résilience, compétences, équipe.
Ont suivi 12 présentations, des démonstrations, un atelier et une table ronde autour du thème de la terminologie, spécialement dans les domaines de l’IA et la technologie sémantique pour l’extraction de termes, la proposition de définitions et la classification de documents. Certaines expériences ont évalué la qualité de la traduction automatique (TA) et le besoin de post-édition de traduction automatique, d’autres l’intégration de synthèse vocale dans la post-édition. L’évaluation de la qualité par l’IA a aussi été expérimentée dans les domaines de la révision, de la traduction automatique de discours et de l’interprétation.
L’atelier, qui portait sur les problèmes de qualité et leur origine (humaine ou non ?), a permis de chercher ensemble les moyens d’améliorer la qualité : partager les connaissances, accroître l’intelligence collective, alimenter les machines avec des données de meilleure qualité, utiliser des outils propres au contexte et développer la TA et les outils de contrôle qualité pour les langues disposant de moindres ressources.
La table ronde sur le thème Esprits, machines, nouveaux outils a exprimé des opinions sur l’environnement quelque peu tumultueux où opèrent les linguistes. La FIT invite à prendre toute la mesure des risques que présentent certains contextes et pratiques professionnels, ainsi qu’à proposer de nouvelles formations en conséquence.
Un sondage auprès de 68 personnes a demandé « Votre organisation recrute-t-elle encore des linguistes ? » : 44 % ont répondu « Oui, nous recrutons », 28 % « Oui, mais pas actuellement », 25 % « Non » et 3 % « Je ne sais pas ». Les réponses à la question suivante (« Quels profils votre organisation recrute-t-elle ? ») étaient variées : traducteurs et traductrices faisant preuve de polyvalence et de bonnes compétences en informatique, localisation et mise en page, spécialistes en post-édition, révision ou correction, interprètes, gestionnaires de projets, linguistes-juristes, spécialistes des communications ou des technologies langagières, assistantes et assistants de rédaction. Dans un marché en métamorphose, polyvalence et souplesse restent des compétences clés pour les linguistes.
Pascale Elbaz, présidente du Groupe de travail Recherche de la FIT

